Julien Girard est un personnage emblématique du tennis de table Français. Entraîneur à succès, révélateurs de talents, amoureux inconditionnel du PING, c’est aussi un caractère bien trempé aux idées claires et bien ancrées dans une réalité pongiste en perte de vitesse. Nous vous souhaité en savoir plus sur celui qu’on appelle dans le milieu du tennis de table français, le Mourinho du PING. Qui est Julien Girard ? Quel est son parcours ? Qui se cache derrière le pongiste passionné ? Nous vous proposons de découvrir la première partie de ce portrait inédit. A la découverte de Julien Girard, un entraîneur pas comme les autres :
Julien Girard : “Je dois ma vocation d’entraîneur à Momcilo MIJOVIC”
Bonjour Julien. Qui se cache sous le nom Girard ?
Bonjour. Je m’appelle Julien Girard, j’ai 35 ans et je viens du 93. Plus précisément de Pantin où j’y ai grandi pendant 25 ans. J’ai connu ma femme adolescent et nous avons deux belles filles. Je dis d’ailleurs ma femme car on se connaît depuis 20 ans même si légalement on n’est pas marié mais pacsé. Ce n’est finalement qu’une question de terme juridique car le quotidien est bien le même qu’un couple marié, du moins je pense. Je suis entraîneur depuis l’âge de 18 ans. J’ai aussi été CTD du 93 et entraîneur de Pantin. J’ai ensuite été entraîneur du Niort TT pendant 1 an puis Co-entraîneur à La Romagne pendant 2 ans. J’y ai notamment développé mon projet avec Jérémy Petiot. Je suis à ce jour entraîneur de l’équipe PRO de Villeneuve-Sur-Lot TT où j’exerce depuis 8 saisons.

Pourquoi avoir choisi comme métier “entraîneur de tennis de table ?”
Je dois cette vocation à un entraîneur en particulier, Momcilo MIJOVIC. C’est quelqu’un qui s’est investi au détriment de sa famille qui plus est dans un contexte difficile avec l’explosion de la Yougoslavie. Au delà, c’est quelqu’un de très compétent autant sur le plan technique que sur le plan humain si je peux le dire ainsi. Il m’a apporté beaucoup de choses dans la vie. Des valeurs à se retrouver, être ensemble, se défendre et s’encourager. Ce sont des valeurs très importantes à mes yeux et qui m’accompagne encore aujourd’hui. Mes parents m’ont aussi toujours soutenu dans mes choix. Quand je leur ai annoncé mon souhait de devenir entraîneur de PING, ils m’ont dit : OK. Fais une formation dans ce cas. A l’époque du 93, la mission était de sortir des jeunes de la “misère sociale” par le biais du PING. Cela me tenait à coeur de reproduire cette action.
Julien Girard : “Mon modèle c’est Arsène Wenger”
Quels sont tes diplômes ? Quel est ton itinéraire d’entraineur ?
J’ai un brevet d’état au 1er degré et j’avais commencé la formation du BE2, équivalent Bac+3. Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’elle change quelque chose. Elle n’apporte rien en termes de compétence. Disons que c’est un examen pour un examen. J’avais envie d’être dans le concret. J’ai donc décidé d’effectuer ma propre formation et Jérémy Petiot m’a accompagné dans l’aventure. J’ai trouvé les ressources financières pour concrétiser le projet, les parents de Jérémy m’ont également aidé. On a fait le tour du monde des centres d’entraînement. C’était une aventure assez incroyable. Une véritable aventure humaine. Être sur le terrain est la meilleure des formations. La réflexion, les personnes rencontrées, les différents styles de PING, la quantité d’entraînements absorbée et la relation humaine au sens propre du terme force à voir les choses différemment. Je ne sais pas si je suis un bon entraîneur ou pas, je m’en fou d’ailleurs. En revanche, je sais que je suis un bon manager d’homme. Entraîneur de haut niveau ou pas, j’arrive à me débrouiller pour toucher les bonnes cordes.

Quels sont des modèles d’entraineurs et de joueurs ?
Ca va te paraître prétentieux mais mon modèle c’est Arsène Wenger d’un point de réussite de carrière. J’ai lu son bouquin. L’histoire me plaît. Il arrive dans club où il y avait des anciens. Il y avait des jeunes aussi et il a su remettre cette philosophie au goût du jour. Si je peux amener ma patte à Villeneuve de la même manière, j’en serais très fier. D’un point de vue pongiste, je tiens à remercier Cyril CIAUDO, entraineur à La Romagne. Il a une phrase qu’il m’a souvent répété et que j’essaie d’appliquer au quotidien. Il faut être le plus sérieux possible sans se prendre sérieux. Mon modèle de joueur, clairement Armand Phung qui évolue aussi à La Romagne. C’est un joueur qui m’a appris beaucoup de choses et dans le contexte global que peut représenter la vie et le PING. Il m’a fait comprendre que la dimension humaine était aussi importante que la dimension sportive.
Tu comptes rester entraîneur longtemps ou souhaites-tu devenir dirigeant un jour ?
J’espère rester entraîneur le plus longtemps possible car j’ai l’impression de comprendre de plus en plus de choses avec le temps. Je pense d’ailleurs devenir meilleur entraîneur avec les années. Tant que j’aurais le sentiment d’apporter quelque chose à quelqu’un, je continuerai. Des fois, je pense à l’après et je me dis à 60 ans, je ne me vois pas être entraîneur et faire le tour du monde. Après peut-être que je continuerai. On verra bien.
Julien Girard : “J’écoute mes joueurs”
Analyse de Julien Girard après la victoire de PPC Villeneuve face à Miramas lors de la 13ème journée de PROB
Comment tu te définis en tant que joueur et entraîneur ?
À partir du moment où j’ai arrêté de jouer en compétition en 2002, j’ai vite fait table rase de ce que j’étais en tant que joueur. J’ai dû me détacher du joueur que j’avais pu être. En tant qu’entraîneur, je m’efforce de ne jamais parler de mes sensations. Il faut à l’inverse s’en extraire pour trouver les bons conseils à donner. Je discute avec de nombreux très bons entraîneurs/joueurs mais je ne sais pas comment ils font. Je pense que ce n’est pas compatible.
Comment un entraîneur peut progresser ?
Je pense que c’est un système de balance. l’entraîneur est au dessus au départ mais après ça s’équilibre. L’évolution va venir quand le joueur va te remettre en question. 95% des entraîneurs se braquent. Je suis capable de ravaler ma salive quand un joueur va me démontrer comment faire autrement. J’écoute mes joueurs et j’essaie de comprendre ce qui fait que l’on a raison ou tort. On est beaucoup dans l’écoute et la discussion. Plus globalement, c’est un échange. Je n’oublie pas la notion de plaisir qui est capitale. C’est juste génial !!
Fin de la première partie
À découvrir prochainement :
- Julien Girard : Le PPC Villeneuve, la formation et le travail au quotidien [Partie 2]
- Julien Girard : Stéphane Ouaiche, l’INSEP et l’équipe de France [Partie 3]











