Entraîneur a succès avec notamment le titre de Champion de France 2015 auprès de Adrien Mattenet, Ludovic Jaumotte est aussi un entraîneur discret. Nous avons souhaité en savoir plus sur l’homme, le sportif mais aussi le coach qui fait les beaux jours du ping français.
Ludovic Jaumotte : “Tout devient plus simple quand on part de la nature du joueur”
Comment apprivoise-t-il le métier d’entraîneur de tennis de table ? De quoi sera faite sa saison 2016-2017 ? Quel regard porte-t-il sur la performance des français aux Jeux Olympiques ? Nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur Ludovic, le coach à la spécialité Jaumotte :
Bonjour Ludovic. Comment vas-tu ? Que deviens-tu ?
Bonjour Dragan. Ca va très bien. Je ressors de deux semaines de stage avec Audrey MATTENET pour « Sport été ». Ca m’a permis de me remettre dans le bain après avoir un peu coupé des salles de ping. Je suis revenu, chez moi, en région Parisienne depuis la finale de Bundesliga qui avait lieu fin Mai. Je vais démarrer une nouvelle aventure cette saison comme coach d’Issy-les-Moulineaux pour la PRO B et N1 garçons.
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Lors de la signature d’Adrien Mattenet au PPC Villeneuve, il nous a expliqué avoir pris quelque distances avec toi. Qu’en est-il aujourd’hui de votre relation sportive ?
Dans le travail au quotidien, Adrien s’entraîne et vit à Villeneuve, c’est de ce fait normal que cela soit Julien (Girard) qui prenne le relais sur son entraînement et son ping. Toutefois, ça ne nous empêche pas de s’appeler régulièrement pour prendre des nouvelles et échanger sur le tennis de table.
Quel sont tes objectifs pour la saison à venir à la fois en tant que joueur et entraîneur ?
En tant que coach, l’objectif est le maintien de l’équipe 1 en PRO B et de conserver le titre de champion de France en N1 avec l’équipe 2. En tant que joueur, je ferai quelques matchs en N1 s’il manque des joueurs.
Ludovic Jaumotte : “J’ai été étonné de voir beaucoup d’asiatique s’encourager dès les premiers points”
Comment analyses-tu la performance des français aux Jeux Olympiques ?
J’ai suivi les Jeux Olympiques comme j’ai pu car j’étais en stage et les matchs avaient souvent lieu la nuit ou pendant les séances. J’ai vu la rencontre par équipe contre les anglais et le 1er match de Li Xue sur la portoricaine (Adriana Diaz). C’est difficile d’analyser dans le détail les contre-performances des garçons sans avoir participé à la préparation et vécu le tournoi de l’intérieur. J’ai été étonné de voir beaucoup d’asiatique s’encourager dès les premiers points de leur match alors que pour certains je ne les avais quasiment jamais entendus le faire. On sent bien que les J.O est vraiment une compétition à part où les sportifs doivent performer dans une ambiance et des conditions très particulières.

Lorsque j’ai passé le DESJEPS à l’INSEP, j’ai eu la chance d’être dans la même promotion que plusieurs athlètes de très haut niveau qui sortaient des Jeux de Londres et qui sont encore à Rio cette année. (Diniz, Compaoré et Daunay). J’ai pu discuter avec eux de cette compétition si spéciale. J’ai également vu toute l’année, à Sarrebruck, plusieurs pongistes se préparer pour Rio. Avec ces différents échanges, je me dis que l’entraîneur doit faire attention, dans sa préparation, à ne pas en faire trop avec les joueurs sous prétexte que ce sont les Jeux. Le fait de les préparer différemment et de les sortir de leur environnement habituel accentuent inconsciemment l’importance des Jeux. Cela ajoute une pression qui est déjà naturellement forte.
Ludovic Jaumotte : “J’ai été très peiné que Carole se soit blessée si prêt du départ de Rio”
En fille, Li Xue a fait sa meilleure performance dans cette compétition. Je l’ai senti déterminée et l’expérience de 2012 a été sûrement un vrai plus dans la gestion de cet évènement. C’est peut être, à l’inverse, ce qui a manqué aux garçons : l’expérience des Jeux. J’ai été très peiné que Carole se soit blessée si prêt du départ de Rio. Elle mérite vraiment au regard de son parcours de pouvoir vivre cette expérience. J’espère qu’elle rebondira et repartira pour défendre les couleurs du ping féminin tricolore à Tokyo.

Penses-tu que le travail mental des sportifs doit prendre une place aussi importante que le travail physique ?
Oui je le pense. Les pongistes évoluent d’ailleurs de plus en plus dans cette direction. Nous sommes un sport de duel et il faut être prêt physiquement et mentalement à combattre. On peut être au mieux physiquement, techniquement et tactiquement mais si le combat est difficile, il faut être capable de gérer ses émotions pour éviter de se retrouver paralysé par l’enjeu.
Ludovic Jaumotte : “J’essaie au maximum de partir de l’individu pour lui développer son « ping »”
Est-ce que tu peux nous révéler un secret d’entraîneur ou une anecdote que tu n’as pas ou peu racontée ?
Je n’ai pas vraiment de secret mais tous les entraîneurs ont leur spécialité. La mienne se situe plus dans le coaching. Les entraîneurs réduisent souvent ce domaine au moment où l’on peut conseiller son joueur et à l’analyse vidéo. Pour ma part, je pense que le coaching se passe aussi avant et après le match. J’essaie, par exemple, avant le match de guider mon joueur pour qu’il se sente bien et soit prêt dans sa tête.
J’essaie au maximum de partir de l’individu pour lui développer son « ping » et non pas lui imposer le « ping » de quelqu’un d’autre. Tout devient plus simple quand on part de la nature du joueur. En tant qu’entraîneur cela demande plus de réflexions, on vit plus de doutes, de remises en question mais c’est aussi tellement stimulant de redémarrer une nouvelle aventure à chaque fois. Ce sont de nouvelles connaissances que l’on acquiert à chaque fois et je trouve cela très motivant.
Si tu as un message à faire passer, le média est à toi. Carte blanche.
Je souhaite une bonne rentrée à tous les pongistes en espérant que cette nouvelle saison soit riche en progrès et performances. Merci Dragan.
Merci pour ton partage Ludovic. À bientôt














