Carole Grundisch, n°2 française et classée au 88ème rang mondial (avril 2016) va vivre une fin de saison des plus palpitantes. Entre le sacre annoncé en PROA Dames avec son club du Metz TT, sa progression au niveau mondial et sa course contre la montre pour se qualifier aux Jeux Olympiques de RIO, la quadruple championne de France sera sur tous les fronts. Nous avons souhaité en savoir plus sur son état de forme actuel, ses objectifs mais aussi son sentiment sur le tournoi de qualification Olympique qui a été décalé en Suède suite aux attentats survenus en Turquie. Rencontre avec Carole Grundisch, la pongiste en quête d’Olympisme.
Carole Grundisch : “Je ne considère pas que je stagne”
Comment te sens-tu physiquement et psychologiquement avant d’attaquer la dernière ligne droite de la saison ? 80% de victoires en PROA. (3 défaites / 11 victoires – ). L’intégration au Metz TT semble réussie ?
Oui. L’intégration dès le début a été géniale. C’est non seulement un club très structuré et professionnel mais également très convivial. Je réussis une de mes meilleures saisons en Pro et vu le niveau actuel c’est TOP ! Avec les filles de l’équipe, j’avais forcément un peu peur au début mais on s’est super bien entendues et la dynamique positive en PRO nous a vraiment poussé les unes les autres. Avec Loic (Belguise) le coach, j’ai aussi adoré travailler avec lui, il connaît tous les résultats et le ping féminin. Il s’adapte super bien avec toutes les joueuses, j’ai beaucoup appris à ses côtés. Forcément le grain de sable reste l’élimination pour un point de la ligue des champions. Alors que tout allait à merveille et qu’on avait vraiment la possibilité de faire fort cette saison… mais c’est la loi du sport et on a vécu une superbe aventure très riche d’émotions et d’enseignements…

Au niveau mondial tu oscilles entre la 80 et la 90eme place mondiale. Tu semble stager depuis quelques mois ? Ton meilleur classement mondial remonte à Mai 2015 où tu t’étais classé au 68ème rang.
Le classement mondial, le système de points et des bonus est quand même très vicieux. Donc je ne considère pas que je stagne mais je prends plutôt le fait de rester dans les 90 meilleures mondiales depuis un moment déjà comme quelque chose de très positif. Avec quelques percées dans le classement suite à des PROS Tours où j’avais fait quelques perfs.. et marqué des points bonus..(sauf que j’ai perdu mes bonus du quart de finale au pro tour de Russie ainsi que ceux d’Espagne et Allemagne donc sans raison ça peut faire mal. Exemple ce mois ci, je n’ai pas joué et je perds 30 points de bonus). C’est sûr que je m’étais fixé comme rêve et objectif à la fois de rentrer dans le top 50 mondial, mais deja ce n’est pas encore terminé et surtout quand je vois le niveau mondial et le classement des joueuses entre 50 et 100, je me rends compte que le ping féminin international est très très fort !!
Carole Grundisch : “Je pense que la densité et le niveau du ping féminin a augmenté”
Qu’est ce qu’il te manque aujourd’hui pour te rapprocher définitivement du top 50 mondial ?
Pour me rapprocher du top 50 mondial, il faut que je continue de me confronter à ces filles là… En fait il n’y a qu’aux championnats du monde par équipe que j’ai l’occasion de faire beaucoup de matchs contre des filles autour de ce classement et encore ! En gros le classement mondial, c’est beaucoup de calculs et je n’ai jamais vraiment voulu rentrer là dedans à part cette année primordiale pour les jeux. En fait dans le classement, la règle est la même pour tout le monde mais ceux qui calculent s’en sortent mieux et moi je ne m’y suis intéressée (à tort) que depuis peu… En terme de niveau pur, je ne peux pas dire que je serais 50 mondiale si j’avais calculé un peu plus les compétitions. A faire loin de là, mais j’aurais peut-être été 70 80 mondiale plutôt que 80 90.. personne ne peut le savoir. Et puis surtout une perf peut tout changer …! Mais TOP 50 ça reste quelque chose d’énorme à atteindre pour des filles surtout européennes. Combien d’Européennes non naturalisées en font partie ? Je pense que la densité et le niveau du ping féminin a augmenté et donc il est encore plus dur de nos jours d’entrer dans le top 50.

Tu vas participer au tournoi de qualification Olympique avec pour objectif de te qualifier pour RIO. A quel pourcentage estimes-tu tes chances ?
Je me sens bien avant les qualifs, j’ai énormément travaillé depuis 4 ans et fait évoluer beaucoup de choses dans mon ping, de manière positive. Pour mon pourcentage de chances de me qualifier au tournoi de qualif, sachant que la règle a changé et donc que les meilleures européennes y participent, ca serait une énorme surprise et un exploit mais on sait très bien que tout est possible sur une compétition dans le ping… Donc je ne mise pas forcément tout sur la qualif en Suède puisqu’il y a le classement mondial après qui est important mais l’essentiel est d’aller prendre le max de points d’ici la fin du mois pour conforter mon classement… Mais je vais quand même la-bas avec l’objectif de me qualifier direct !
Le tournoi a été reporté en raison des attentats. Du coup tu ne participeras pas aux France. Tu as dû réaménager ton programme ?
Oui, j’ai dû réaménager mon programme. J’avais déjà tout réservé et prévu quelques trucs mais on s’adapte, c’est le propre du pongiste ! Je suis juste surprise qu’ils aient décidé ça aussi tard. Les attentats en Turquie ne datent pas de ce mois ci…
Quel est ton pronostic pour les championnats de France ?
Dans la mesure où Xue Simon Manu et moi ne seront pas là, je dirais Xiao Xin chez les filles et chez les garçons, pourquoi pas Ouaiche (Stéphane) ou un des Robinot (Quentin ou Alexandre). Mais je suis curieuse de voir aussi les performances d’Adrien (Mattenet) qui peut largement confirmer.
Merci Carole
Merci











