Admir Duranspahic a décroché la semaine dernière son 5ème titre national de champion de Bosnie-Herzégovine. Nous vous souhaité en savoir plus sur le pongiste qui évolue en PROB Messieurs avec le Metz TT. Qui se cache derrière le n°71 français ? Comment progresse-t-il au quotidien ? Quel regard porte-t-il sur le tennis de table dans son pays d’origine ? Découvrez notre entretien avec Admir Duranspahic, le pongiste Bosniaque qui n’oublie pas ses racines et ses origines.
Admir Duranspahic : “Être Champion de son pays c’est génial”
Qu’est-ce que représente pour toi ce 5ème titre ?
Ce 5ème titre est une grande fierté bien-sûr. Être Champion de son pays, c’est génial ! En plus pour la 5ème fois, je suis très content. Ensuite, c’est une grande fierté également pour mes parents qui sont très heureux. Nous avons dû fuir notre pays à cause de la guerre des Balkans dans les années 90, du coup ce titre représente beaucoup de chose pour moi et ma famille. Je suis né en Bosnie-Herzégovine, je n’oublie pas d’où je viens, je n’oublie pas mes racines et mes origines et pour ces raisons que je souhaite confirmer chaque année mon statut de numéro 1 Bosniaque.

Comment s’est passé ton tournoi ?
Le tournoi s’est très bien passé puisqu’il y a eu le titre au bout. Mon niveau a été bon sur l’ensemble de la compétition, au fur et à mesure que le tournoi avançait, je jouais de mieux en mieux. Surtout en finale où j’ai joué juste. En 1/2 finale, j’ai été un peu bousculé par mon partenaire de double. Je gagne 4/2, j’ai réussi à rester bien concentré pour l’emporter. Ma concentration a été vraiment bonne tout au long de la compétition, je ne me suis pas laissé dépasser par l’enjeu qu’il y avait, et qu’il y a à chaque fois. Mon but c’est d’être Champion de Bosnie-Herzégovine le plus de fois possible d’ici la fin de ma carrière. L’organisation a été très bonne, les conditions de jeu acceptables, la salle plutôt bien, bravo aux organisateurs.
Est-ce que le niveau augmente d’années en années ?
Même s’il reste inférieur au niveau français, le niveau de certains joueurs a augmenté et de bonnes progression s’affichent. Mais il est vrai que les infrastructures ne permettent pas de pouvoir faire du ping tous les jours comme on veut. Et puis il y a les études qui sont une priorité pour la plupart. Il est quasiment impossible de s’engager dans une carrière pro, ça permet aussi de se rendre compte à quel point nous avons de la chance en France d’avoir des clubs comme celui du PPCV à Villeneuve sur Lot. Les joueurs peuvent s’y entraîner à fond et progresser dans de superbes conditions avec des infrastructures impeccables. Une ambiance excellente et je ne dis pas cela parce que j’y suis.

Admir Duranspahic : “La fédération se débrouille comme elle peut avec ce dont elle dispose”
Quelles sont les retombées d’un titre de champion national ?
Malheureusement il n’y a aucune retombée pour un titre de Champion de Bosnie-Herzégovine. Le ping n’est pas beaucoup médiatisé et il n’y a pas beaucoup de finances pour ce sport (et pour les autres) de la part des pouvoirs publics. Il y a quelques aides mais elles restent infimes. La fédération se débrouille comme elle peut avec ce dont elle dispose. Je vais donner un exemple concret me concernant : après mon 4ème titre en 2014, j’ai entendu dire qu’il y avait une récompense pour le vainqueur de la part du Ministère des Sports ou d’une autre organisation. J’en ai fait la demande et malheureusement je n’ai rien reçu car je n’étais pas licencier là-bas et qu’ils n’autorisent pas la double appartenance. Cela a été très difficile à accepter car durant toutes ces années, quand j’ai gagné, j’aurais pu avoir cette aide pour pouvoir financer PRos Tours, des stages à l’étranger, du matériel, etc… La fédération m’a aidé un peu mais cela reste infime comparé à tout ce que j’ai investi de ma poche pour ma carrière de joueur pro.
Comment se porte le PING en Bosnie ?
Le ping en Bosnie-Herzégovine se porte moyennement bien. Il n’y a pas beaucoup de moyens pour le ping là-bas (comme pour le reste ). Il y a quand même un championnat par équipe chez les garçons (10 équipes en 1ère division) et chez les filles ( 6 équipes en 1ère division). Il y a des tournois organisés pour les plus jeunes aussi. La fédération essaie de développer le ping mais ce n’est pas si simple dans un contexte aussi complexe.

Tu es le parrain du tournoi du TTGF. Qu’est-ce que ce tournoi représente pour toi ?
En effet je suis le parrain du tournoi pour la lutte contre le cancer organisé par le TTGF Angoulême. Le club et la ville où tout a commencé pour moi. C’est une fierté que ce club qui m’a tant apporté, ait fait appel à moi pour être le parrain d’un tel événement. C’est très important pour moi de pouvoir à mon échelle de simple joueur, aider les gens par le biais d’événements tels que celui-ci ou en aidant des associations comme celle de ping sans frontières dont je suis devenu un nouvel ambassadeur depuis quelques jours. Je félicite d’ailleurs toute l’équipe du TTGF Angoulême et plus particulièrement son président Denis Paquereau, Stéphane Pigeonnier l’entraîneur qui m’a tant apporté et bien sûr mon pote Cris Gabilondo le chef d’orchestre de ce tournoi.
Admir Duranspahic : “Vrai reconnaît vrai”
Carte blanche, le média est à toi !
Je voudrais d’abord r
emercier ma compagne Sandra, une fille formidable qui m’accompagne chaque jour
dans cette aventure, mes parents mon frère. Ensuite mes premiers entraîneurs au TTGF, Jean-Christophe Clerc et Stéphane Pigeonnier qui m’ont appris les bases du ping. Merci infiniment à eux et pardon pour mon comportement excessif parfois mais j’étais jeune… Merci au club du TTGF Angoulême, à Stellin N’Tandou (mon maître et moi son disciple, il sait pourquoi je dis cela ). Merci à mes potes du quartier de Ma Campagne là où j’ai grandi et commencé le ping au milieu des tours avant d’être licencié au TTGF.

Des remerciements particuliers au club du PPCV et à toute son équipe. Son emblématique président Marc David, son coach manager Julien Girard dit la Gir ou Coche la case qui m’a beaucoup apporté dans le ping mais aussi à l’extérieur. Julien m’a donné l’opportunité d’être dans une structure pro et de poursuivre mes rêves tout en lui en faisant voir de toutes les couleurs (ce n’est pas fini..). Je pense aussi à Olivier Maero qui m’a beaucoup aidé à Nice et qui s’est beaucoup investi pour moi. Merci à Xavier Renouvin qui m’a permis de jouer en Pro A. Merci à mon frère de cœur Adrien Mattenet, à Jeremy Petiot (boukiiiii), à Quentin Phily (et sa famille ), à Fabien Roux, Pierre Paquereau (petit frère), à Stéphane Ouaiche (bouki), Nolwen Brosson, Marcos Madrid, Jimmy Devaux, Cris Gabilondo, la liste est longue mais merci à tous ceux qui me suivent de près ou de loin et qui me soutiennent dans les bons comme dans les mauvais moments. Merci au groupe de VSL (La GTA est une force les boys, force à vous). Merci au ping de m’avoir apporté et donné tant d’émotions. Merci à tous ceux que je n’ai pas cité mais ils se reconnaîtront. “Vrai reconnaît vrai”.












Pas un mot sur le club de Metz? C’est étonnant !