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Il y avait Corinne, pascale, Sophie, Elodie, Patricia, Michelle, Paul,

Vendredi 04 Septembre 2015 15:37

Il y avait Corinne, pascale, Sophie, Elodie, Patricia, Michelle, Paul, Bruno, Thierry et les autres …..Aux Championnat d’Europe vétérans en Finlande à Tampere


L'espoir et le rêve sont deux univers qui s'agrandissent en se partageant.
Citation de Jacques Salomé ; La vie à chaque instant (2012)




Comme tous les matins du monde, je me lève, le marchand de sable n’est pas passé et ne passe plus depuis des années c’est l’histoire que nous racontait nos mamans quand nous étions des enfants pour s’endormir.je ne sais pas l’heure peut-être 6h ou 7h ? Le temps n’a pas d’importance aujourd’hui. Un rayon de lumière tente de percer la persienne de ma chambre et rapidement sans bruit et pieds nus, je descends en direction de la cuisine. Les femmes dorment encore à l’étage. J’ouvre lentement les volets clos, malgré le bruit grinçant des gonds qui semblent rouillés par le temps,je passe mes mains dans l’herbe encore fraiche et mouillée par la rosée du matin pour ensuite me rafraichir le visage .Un petit lézard cherche à sortir de son trou pour aller trouver un peu de chaleur auprès d’un timide début de soleil qui tente de pointer le bout de son nez. Quelques joggeurs au corps sculptural passent rapidement devant la maison et filent tout droit sur le chemin de halage pour disparaitre dans le lointain.je prépare le petit déjeuner et je m’installe à l’arrière de la maison sous un murier qui étale ses longues ailes pour former un parasol protégeant ses occupants de la chaleur ou de la pluie. A quelques centaines de mètres de la maison de vacances, à ciel ouvert, elle est présente depuis des millénaires et coule des jours paisibles pour le bonheur des milliers de touristes qui l’été envahissent cette eau bénite par la seule mère nature .Elle est la reine de tout un département, l’Ardèche. Bordées par d’innombrables campings dont les propriétaires sont des étrangers venus du nord ou de loueurs de canoës et de kayaks qui se suivent les uns à coté des autres, ici le business marche bien l’été mais la célébrité de cette eau ce sont ses gorges qui commencent dans ce village de vallon- Pont-d’arc dont la population est multipliée par 10 l’été soit plus de 20 mille touristes ! Son arche presque aussi célèbre que la tour Eiffel est en photos sur presque toutes les cartes postales .Haut lieu de la préhistoire cachée sur cette terre des hommes il y a plus trente mille ans la grotte Chauvet est devenue pour les paléontologues et scientifiques une source inépuisable pour la genèse de l’être humain. Si le plaisir de l’effort ne vous fait pas peur de descendre ses 24 kms en canoë dans la journée c’est du haut de ses falaises que l’on contemple ce spectacle unique et magnifique, ses grands lacets en formes de cheveux longs comme ceux des « baba cool « qui sont venus s’installés dans les années 1970 dans ce département
.
Alors si vous passez un jour voir l’Ardèche prenez le temps de regarder battre cette eau claire et limpide rouler sur ses galets, observez en silence la couleuvre qui passe d’une rive à l’autre en toute liberté ou le martin pécheur qui cherche sa nourriture, ouvrez les yeux sous l’eau vous aurez peut être la chance de voir les carpes et barbeaux géants chercher leur destinée.

En cette fin de matinée, nous partons en voiture sur la route en direction d’Aubenas et premier arrêt après 20 kms devant ce fabricant de nougats « le petit ardéchois » dont le nom ressemble au célèbre feuilleton des années 70 « Ardéchois cœur-fidèle » nous achetons quelques paquets avec des parfums et goûts différents, ma préférence est le nougat tendre. Nous reprenons ensuite la route pour un second arrêt après quelques kms, Vals les bains station thermale spécialisée pour le diabète est située dans le parc régionale des monts d’Ardèche, nous sommes maintenant au nord du département. Le plaisir de prendre un petit café en famille et de flâner dans les rues tranquillement, nous achetons pour la gorge les fameuses pastilles « Vals »il y en a de toutes les couleurs
Direction Antraigues- sur Volane, maintenant la route est plus sinueuse avec ses nombreux virages qui se suivent et s’ensuivent les uns derrière les autres, nous commençons à grimper dans la montagne où la forêt se compose de grands châtaigniers. Après une dizaine de kms nous arrivons devant un village perché sur son piton marqué par la pierre volcanique. Nous sommes à la moitié de notre parcours et l’heure de notre pause déjeuner. Petite visite rapide du village et achats de quelques tuiles à la boulangerie. Sur la place centrale on ne peut ignorer la place du poète Jean Ferrat et le petit musée qui représente sa carrière d’artiste. Il y a de nombreux bistrots, ici tous semble calme et reposant et bien oui « que la montagne est belle » chantait le poète. Nous sommes au pays de la châtaigne que les hommes ramassent dans de grands filets autour de l’arbre et qui se fête chaque année à la toussaint. Nous trouvons un petit restaurant dans le bas d’une ruelle tenu par deux charmants garçons ,au menu assiette ardéchoise et un petit verre de rosé du pays mais bio nous explique le serveur. Perché sur notre terrasse le paysage est d’une beauté sous un soleil qui se donne à cœur joie de nous bruler la peau. Il faut déjà penser repartir il nous reste encore quarante kms de montagne car la route est encore longue qui se mesure en temps pour atteindre notre but. Au fur à mesure que nous nous approchons de la fin de notre parcours le paysage change de visage, la forêt laisse la place à de grandes prairies, nous sommes sur les hauts plateaux où le vent s’engouffre inexorablement sur les vitres de notre voiture. D’étranges murés de pierres volcanique d’un autre âge entourent les vallées qui se succèdent Quelques maisons éparpillés comme des miettes de pain sont plantées au hasard de notre regard on se demande si des « âmes vivent encore » nous arrivons à la fin de notre parcours au mont Gerbier-de-Jonc .Nous garons notre voiture sur le parking indiqué par le panneau de signalisation. De nombreux étals tenus par des artisans locaux vendent leur produit du terroir. Devant nous, planté comme un dé à coudre le mont-Gerbier- de jonc et ses 1561mètre d’altitude .Nous décidons de partir à l’assaut de se petit volcan de l’ère tertiaire et de cette richesse naturelle avec ma fille Olivia. Sur le sentier nous rencontrons des plantes sauvages unique comme l’orpin velu plante rarissime. Ici on ne ramasse pas on regarde. L’ascension peut commencer, malgré un dénivelé de plus de 150m sans grande difficulté, sur les parois les plus abruptes du parcours, des cordes sont à notre disposition pour nous aider. Après 20 minutes d’ascension nous sommes enfin récompensés de nos efforts devant cette vue magnifique .Maintenant je suis heureux je peux , partager dans le regard de cette jeune fille de 25 ans encore jeune et ses cheveux long bouclés ce moment de bonheur si attendu ,devant ce paysage à 360 degrés, d’un côté ses immenses plaines de toutes les couleurs de la haute Loire de l’autre les alpes lointains en passant par la vallée du Rhône et sur un autre côté les Cévennes et toujours ce vent qui inlassablement vient effleurer notre visage pour nous rappeler dans ce silence

Il y avait un jardin qu'on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n'était pas le paradis ni l'enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu
La la la la la la la

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l'amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours
La la la la la la la
Paroles et musique il y avait un jardin (Georges Moustaki)

Ce ciel bleu qui semble ce rapprocher dans nos mains tendus avec ces éternelles questions que nous nous posons, Dieu existe-t-il ? Y a-t-il d’autres vies que sur cette terre ?
Ils nous restent encore un peu temps avant de redescendre alors profitons encore de respirer cet air pur

IL faut que tu respires
Et ca c'est rien de le dire
Tu va pas mourir de rire
Et c'est pas rien de le dire
Il faut que tu respires
C'est demain que tout le temps le pire
Tu va pas mourir de rire
Et ca c'est rien de le dire
Il faut que tu respires
Il faut que tu respires
Il faut que tu respires
Il faut que tu respires

(MIKEY 3D)

Ici au mont-gerbier-de Jonc ce n’est peut être pas le toit du monde « l’Everest » mais à cet endroit précis la vie prend tous son sens naturellement et le point finale de ce voyage car à 1500m d’altitude le plus grand fleuve de France la Loire prend sa source comme une blessure qui s’ouvre et donne la naissance à un enfant qui grandira ,du petit ruisseau et son filet d’eau claire et fraiche et bonne à boire que vous pourrez découvrir en bas de la route sous le porche d’entrée de cette ancienne ferme dans un abreuvoir . La naissance de la vie et de l’amour tout simplement, le ruissellement souterrain du Mont-Gerbier-De-Jonc vers le monde adulte pour se jeter dans les bras après 1012kms de voyage dans l’océan atlantique

Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure
Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D'où part ta vigne en y pressant des doigts
D'où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure
Qui se referme à l'orée de l'ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n'en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu'affile le désir

Cette blessure
Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure
Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure
Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort

Cette blessure dont je meurs
Paroles et musique Léo Ferré

Si nous pouvions rester encore un peu tous les deux jusqu’ à la tombée de la nuit, regarder dans le ciel les étoiles, il faudrait pour cela jeter nos montres. Le temps nous oblige à penser qu’il faut redescendre. Mais quelle heure est ‘il ? 5h ou17h c’est pareil je le pense mais dans le monde ?
Il est 5heures précises quand Corinne et Paul sont venus me chercher à mon domicile ce samedi matin .la ville est endormie comme toutes ces villes de la banlieue parisienne. Il parait que c’est à cette heure que Paris s’éveille que chante Mr Dutronc, d’autres au contraire termine leur nuit dans la solitude


Cinq heures du mat' j'ai des frissons
Je claque des dents et je monte le son
Seul sur le lit
Dans mes draps bleus froissés
C'est l'insomnie
Sommeil cassé
Je perds la tête
Et mes cigarettes sont toutes fumées
Dans le cendrier
C'est plein d'Kleenex et d'bouteilles vides
J'suis tout seul, tout seul, tout seul
Pendant qu'Boulogne se désespère
J'ai d'quoi m'remplir un dernier verre
Clac fait le verre en tombant sur le lino
J'm'coupe la main en ramassant les morceaux
Je stérilise, les murs qui dansent
L'alcool ça grise et ça commence
Chansons Chacun Fait (c'qui Lui Plait) - Chagrin D'amour
Auteurs: Philippe Timbert
Compositeurs: Lenorman Gérard

Je ne cherche pas à me retourner les départs sont des instants si personnels Nous avons rendez-vous chez Pascale, pour changer d’automobile, plus grande pour ranger nos grands sacs de sport. Pascale nous accueille avec son sourire de l’aube et ses cheveux de couleurs de jeune fille adolescente. Nous partons en direction de l’aéroport de Roissy où nous retrouvons Sophie, sa fille Élodie, Bruno, Michelle, Thierry et un ami, Décollage de l’avion à 7h précise par la compagnie Finnair et 3heures après nous arrivons à l’aéroport d’Helsinki en Finlande. Nous restons dans l’aéroport pendant 1h30 le temps de se rafraichir avec une boisson et de se restaurer un peu.les tarif sont prohibitifs 2,50 la petite bouteille d’eau, 2,80 le mini paquet de chips, le dessert de fruit frais 7euros quand aux sandwichs !total 25 euros pour un repas ! Nous prenons la correspondance pour Tampere notre destination finale pour arriver vers 14h. Notre amie Sophie à réservé deux véhicules pour nos déplacements. Sur la route qui nous conduit à notre villégiature pour le repos après l’effort, le paysage est une succession de forêts de boulots bordés par les bas côtés de la chaussée par d’innombrables fleurs appelées communément le lupin, une espèce annuelle ou vivace
« Un peu rustique de l’extérieur nous dira Paul sur la première impression de l’hôtel mais à l’intérieur quelle propreté ! Quand à l’agencement chaque centimètre est bien pensé dans cette chambre de moins de 10 mètre carré, petit placard, four, frigo, bouilloire, et télévision, la Wifi gratuite sans code ! Et dans certaines autres chambres il y a même une cuisine complète ! En quelques minutes mes affaires sont déjà rangées .je demande si nous pouvons aller à la salle retirer notre accréditation. En moins de 10minutes nous sommes déjà arrivés devant ce hall immense. Nous récupérons notre dossier ainsi que le sac de sport que nous offre l’organisation. C’est toujours un émerveillement de découvrir, 90 tables neuves parfaitement alignées à perte de vue. On entend déjà le crépitement des balles frappées sur les raquettes. C’est le plus grand tournoi d’Europe avec plus de 1800 participants ! Je vais regarder les différents tableaux qui sont affichés dans la salle. C’est la catégorie V2 hommes qui est le plus importante ,89 groupes composés de 4 joueurs mais où se trouve la fin des noms qui semblent interminables ? Vraiment impressionnant ! Est ‘il encore possible de revenir en arrière ? de ne pas participer ? des lundi 9h il faudra ce jeter dans l’arène ? mais

moi je traîne dans le désert depuis plus de vingt-huit jours
Et déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour
Les fantômes du syndicat des marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma dune, reprochant mon attitude
C'est pas très populaire le goût d'la solitude

{Refrain:}
Quand t'es dans le désert
Depuis trop longtemps
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu'on veut t'faire jouer
Les yeux bandés
Quand t'es dans le désert
Jean-Patrick Capdevielle


Retour à notre l’hôtel avec les amis où nous retrouvons avec étonnement Joël et Éliane deux nouveaux arrivants. Avec Sophie, Corinne, Paul, nous partons à pieds faire quelques courses au supermarché du coin de la rue pour le diner de ce soir. Je reçois un message de Patricia qui m’annonce qu’elle est bien à son hôtel et que demain nous pourrons nous rencontrer .Je demande à Paul si demain matin il accepte que nous nous échauffions ensemble à la salle pour 10h. Nous sommes 6 à manger dans la chambre de Sophie et d’Élodie. Ce sont de bons moments d’amitiés et de convivialité parce nous partageons le même esprit sportifs.
Dimanche matin après un petit déjeuner rapide je prépare mes affaires de sport, et direction la salle avec Paul ou se déroule la compétition et bien avec étonnement je constate qu’il y a déjà des passionnés qui s’échauffent et c’est du sérieux ! Premier contact avec la table et le sol. Le rebond de la balle en plastique comment est ‘il ? je prends rapidement des repères avec des petits exercices simples une balle à droite une balle à gauche et retour au milieu. Qui vous a dit que le ping pong était compliqué ? 45 minutes d’entrainement nous suffise et direction le bar où un petit café est bien apprécié .Nous rencontrons de nombreux français reconnaissables avec leur survêtement « groupe vétérans France » et ils sont fiers et c’est normal .Retour à l’hôtel pour une douche rapide .Nous partons tous ensemble pour chercher un restaurant pour le déjeuner dans le centre de la ville de Tampere. Vers 18h nous avons rendez-vous pour la cérémonie d’ouverture des Championnats d’Europe sous un chapiteau ce qui nous laisse le temps de visiter et de flâner en toute décontraction dans les rues. Pascale notre Photographe mitraille avec son appareil sophistiqués tous les souvenirs que demain nous pourrons regarder .Elle prendra plus de 1000 photos dans la semaine ! Je retrouve mon amie Patricia, ma conseillère qui me suit dans les compétitions vétérans depuis 3 ans que de chemin parcouru ensemble !mais surtout des instants formidables de joie, de partage et d’amitiés.30minutes et la cérémonie est déjà terminée. Étonnant !, deux discours une petite danse et tout le monde s’en va, c’était rapide. Nous nous quittons avec Patricia mais à demain 9h me dit ‘elle. Direction l’hôtel je commence à m’inquiéter je n’ai pas de nouvelle de mon camarade de double Jean-Louis, Bizarre, vous avez dit bizarre ! Mais vers 18h coup de théâtre, je reçois un message de mon partenaire et patatras il m’annonce qu’il vient de manquer son avion avec ses deux enfants et qu’il lui est impossible de prendre un autre vol et que la seule solution c’est de venir en voiture pour seulement jouer en double mardi à 11h30. Insensé, de la folie !2600kms sur des routes difficiles avec ses enfants, la traversée en bateau à l’heure juste, la fatigue, le stress .De suite je montre à mes amies Pascale et Corinne le Message reçu et leur fait part de mon pessimisme quand à sa participation à cette compétition. Ni une ni deux Corinne tel un bulldozer, n’hésite pas un seul instant s’empare de son Smartphone envoi un message pour lui trouver une solution et pascale sous les commandes de Corinne cherche des horaires d’avion avec son ordinateur portable .Je suis abasourdi par cet élan de solidarité et puis je me résigne, peut ‘il encore venir ? j’ai jusqu'à 11h lundi pour trouver un autre partenaire de double me dira mon camarade Gérard. En cette fin de soirée je fais part d’une confidence personnelle , rare, et intime à Pascale « la peur est cette fois bien présente, elle vient de s’installer au fond de ma tête « c’est un moment difficile pour un compétiteur je n’ai plus envie de jouer ni de me battre, non pour la première je voudrais tout « plaquer » et pourtant j’ai participé à tant de compétition depuis 40 ans, n’aurais je pas le syndrome d’Auckland après savoir vécu de grands moments sportif chez les vétérans ? N’est ce pas naturel avec le temps? La compétition ce sont des émotions fortes, intenses, personnelles qui dépassent au fond nos sentiments et pour ces quelques secondes que ne ferait ‘on pas ? les mots de pascale m’ont rassuré, calmé, et raisonné et je crois que demain le passé sera loin dès mon premier coup de raquette


Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel

Il faut tourner la page

Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes

Chansons Il Faut Tourner La Page - Claude Nougaro
Auteurs: Claude Nougaro
Compositeurs: Philippe Saisse

Après une nuit difficile et réveillé à plusieurs reprises, minuit, 2h, 4h par ce jour persistant.je me demande où ce trouve la nuit l’été en Finlande ? Malgré les rideaux occultant de la chambre qui tente de cacher la lumière du ciel si pure, il m’est impossible de fermer les yeux et je trouve le temps bien long et bien plus difficile que de supporter un gros décalage horaire .8h départ en voiture avec Paul, Bruno, Thierry ce sont les hommes de la catégorie v2 qui commencent en ce début de Matinée. 30 minutes à fond avec Paul pour faire monter les pulsations cardiaques dans la jolie salle d’échauffement prés des stands des marques de tennis de table.9h je retrouve mes adversaires à la table, allemand, écossais, et tchèque. Chacun offre ses petits souvenirs, le français c’est la tour Eiffel en porte clefs que j’ai acheté à pascale (les étrangers apprécient ce petit présent). L’écossais une petite bouteille de whisky, le tchèque une petite bouteille d’alcool locale et l’allemand un écusson. Je remporte mes deux premières rencontres facilement comme le tchèque que je connais bien puisque je l’avais rencontré et battu 3 à 2 à Rotterdam en 2007.cette fois je gagne plus facilement par 3/0 ce qui m’apporte un peu de confiance dans mon jeu. On termine par la photo famille avec tout le groupe. Nous partons en direction du bar pour un petit café avec Patricia.je décide de rester et de manger au self avec Paul qui aura perdu toutes ses rencontres mais pour lui cela n’est pas important. Nous apprendrons à nous connaitre et durant la semaine je vais apprécier et admirer sa patience, sa courtoisie mais surtout sa galanterie. Je rencontre Joël qui termine 2ème derrière le grand favori Ding yi, Thierry 2éme et Bruno 1er j’aperçois Gérard notre représentant vétérans toujours aussi vaillant et combatif comme à ses habitudes qui termine aussi 1er mais dans un groupe difficile et bien oui le tournoi c’est aussi le Hasard ! Nous décidons de manger au self de la salle avec Paul pour la modique somme de 9,90euros, nous avons droit à un plat, une entrée unique et un café .les filles étaient présentes, l’esprit d’équipe existe bien et les français sont bien reconnaissables avec leur veste et leur maillot France bleu, blanc, rouge .Nous rentrons à l’hôtel en ce début d’après midi pour prendre une douche bien mérité après l’effort. Place maintenant aux femmes et aux différentes catégories à partir de 16h pour certains et d’autres à 19h. Je n’ai toujours pas de nouvelles de Jean- louis et de ses deux enfants mais Corinne est en contact et m’annonce qu’il est quelque part sur la route.

Sur la mappemonde à vol d'oiseau
On se dit qu'on peut gagner gros
Qu'on a le ciel dans une goutte d'eau
On cherche tous un bon destin
La vie s'écoule entre nos mains
La joie la peine notre chemin
Traverser la vie sans billet de train
Traverser la vie sans billet de train

Sur la route. dala dala lalalala
Raphaël

De nombreux pongistes ont pris connaissance de l’infortune épopée de notre camarade, l’information aujourd’hui file à une vitesse incroyable. J’ai décidé de ne rien changer pour les doubles, je fais confiance au destin. Nous repartons à la salle mais en simple spectateur et supporter. Entre les allées je rencontre Christine et son Mari Gilles ce grand « papa » que j’apprécie, souvent présent dans mes rencontres, à l’allure discrète et très simple. Je me ballade un peu partout dans la salle à la rencontre des pongistes français en action, mon regard se tourne vers Michelle qui malgré son handicap de la main gauche se bat comme une lionne et s’emporte refusant d’abdiquer mais quelle leçon de courage ! Sophie est épaulée par sa fille Elodie qui arbore avec fierté le survêtement des années 70 que sa maman portait lorsqu’ elle était en équipe de France Sénior. Après 30 ans d’arrêt la reprise est dure à ce niveau mais sa technique est toujours présente, un beau retour à la source. Je vais à la rencontre de Patricia qui se trouve dans un groupe bien relevé dans sa catégorie 65/70 mais quel niveau pour ces femmes de cet âge ! Assis dans les gradins j’aperçois au loin Corinne « la prof » la calculatrice, le stratège, et un grand sens du jeu tactique. Son groupe homogène d’un bon niveau ne l’empêche pas de gagner ses sets 11/ 9 presque à chaque fois C’est de loin la meilleure joueuse française dans sa catégorie. Je rencontre Brigitte la femme de Gérard qui participe pour la première fois à ses Championnats d’Europe. C’est un moment fort sympathique et symbolique, la femme et le mari qui jouent dans la même compétition ! Il est presque 21h 30 quand nous quittons tous ensemble le hall des sports et les filles sont toutes qualifiées pour le prochain tour jeudi avec les hommes. Paul est au fourneau ce soir, il prépare avec Sophie les pattes des sportifs pour le diner. Demain pour tout le monde c’est la journée des doubles, Corinne garde toujours le contact avec Jean-Louis. Le dernier bac ce soir pour la traversée est à 22h30 .la surprise sera pour demain, pour l’instant nous terminons tous ensemble notre repas dans la bonne humeur. Départ demain vers 9h30 pour les premiers qui rentrent en lice à 11h.Encore une nuit difficile, je voudrais dormir oui tout simplement dormir avec ce jour interminable. Je tente de cacher mes yeux par tous les moyens coussins, serviette et il faut ajouter le stress qui n’arrange pas la détente pour passer une bonne nuit mais je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas alors tant pis si je passe mon temps à écouter de la musique pour m’épuiser le cerveau.
Il est 10 h quand nous arrivons dans le hall lorsque j’aperçois le franc-comtois et ses deux enfants Tom12 ans et son maillot de l’équipe de France cadet que portait son papa à son âge et Florian 19 ans son ainé .Fatigués, rincés, le visage défait par la fatigue nerveuse et la tension permanente sur la route et ces 2600kms de trajet, se relayant la conduite à deux, le jour et la nuit et sans arrêt et terminant le parcours à3h30 du matin ! Aurais-je été capable d’un tel exploit ? Pour venir simplement participer aux doubles ? Pourtant Ils sont bien présents devant moi. A Vesoul, club des débuts de jean - louis les gens n’ont pas peur du froid

T'as voulu voir Vierzon
Et on a vu Vierzon
T'as voulu voir Vesoul
Et on a vu Vesoul
T'as voulu voir Honfleur
Et on a vu Honfleur
T'as voulu voir Hambourg
Et on a vu Hambourg
J'ai voulu voir Anvers
Et on a revu Hambourg
J'ai voulu voir ta sœur
Et on a vu ta mère
Comme toujours
Jacques Brel « Vesoul »

Mon camarade ne perd pas son temps et déjà il me dit « je vais envoyer des steaks mon ami » il est encore sous l’effet de cette tension nerveuse ce qui ne l’empêchera pas de prendre les commandes du jeu Avant de commencer je lui fais une promesse je vais tout donner pour les doubles et si je peux lui offrir une médaille alors j’aurai contribué à son bonheur ! Car son ambition reste démesurée, cette folie et ses rêves que je n’ai pas « je viens ici pour une médaille me dit ‘il ! «Nous sommes dans le groupe 7 et il y en a 42 et 84 équipes seront encore présentes jeudi, alors que le chemin sera long ! Nous remportons nos trois rencontres facilement 3/0 à chaque fois face aux équipes allemande, finlandaise, et suédoise sous le regard heureux de ses enfants et de Patricia qui veille à l’équilibre de notre confiance. Jean- louis me donne rendez-jeudi pour venir me soutenir en simple. Avant de quitter le hall des sports je prends le temps de regarder et de prendre des nouvelles des autres équipes françaises encore en course.je passe devant les table des doubles de plus de 85ans où nos amis Yves et louis et leur adversaire ce sont perdus dans les changements de serveur et de relanceur ! Après quelques minutes de discussion avec les arbitres un peu dépassés, le jeu peut enfin repartir par des échanges de poussette interminables où la patience finit par l’emporté sur une faute adverse Aurai-je encore le courage de jouer à cet âge si je suis encore de ce monde ? Sous le regard de sa jolie femme, Yves garde le sourire et son esprit d’un jeune homme de 20 ans.

Pour tout bagage on a sa gueul'
Devant la glace' quand on est seul
Qu'on ait été chouette ou tordu
Avec les ans tout est foutu
Alors on maquille' le problème
On s'dit qu'y a pas d'âge' pour qui s'aime
Et en cherchant son cœur d'enfant
On dit qu'on a toujours vingt ans.

Léo ferré Vingt ans.

Je rencontre Isabelle le temps pendant quelques instants de parler et d’exprimer son bonheur si elle obtenait une médaille pendant ces championnats.je retrouve Paul, nous décidons de repartir à l’hôtel.il y a du soleil alors si nous allions dans le centre ville prendre un verre au bord du lac ? J’ai décidé de faire quelques achats et dénicher quelques souvenirs dans ce centre commercial moderne qui n’a rien envié à ceux que l’on connait dans notre pays .Mélange entre l’ancien et le nouveau, la ville de Tampere semble loin du tumulte des grandes agglomérations polluées par la circulation entourée par ses deux grands lacs, sa forêt ses parcs verdoyants où au moindre rayon de soleil la place du marché se remplit de monde . Quelques bateaux partent en balade avec les touristes du moment
Demain mercredi c’est la journée de repos, le groupe se sépare chacun choisi la liberté de son temps, aux grés de ses envies ou de ses choix personnels. Avec Pascale, Corinne, Patricia et Paul nous avons décidé de passer la journée ensemble et de déjeuner sur le bateau .12h30 départ de la ballade sur le lac la journée s’annonce agréable sous un soleil qui souhaite nous faire plaisir aujourd’hui »n’allez pas croire que nos conversations tournent autour du ping-pong » non loin de penser à cette idée ,tout simplement la vie et rien d’autre.15h fin du parcours je suggère de prendre le petit train pour faire une ballade dans toute la ville , nous rencontrons sur le chemin Gérard et sa femme. C’est la fin de l’après midi Patricia propose pour terminer la journée que nous allions boire un verre à la tour du 25étage, sous cette verrière à ciel ouvert, c’est le rendez-vous beaucoup de la jeunesse finlandaise dont la moyenne d’âge est d’une trentaine d’année. Quelle vue sur la ville de Tampere !
Nous laissons Patricia à son hôtel puis nous rentrons retrouver le reste du groupe pour un diner commun.fin du repas chacun rentre dans sa chambre j’allume la télé dont la plus part des chaines sont traduites en anglais ou les sous titres en finnois il y a même des films en français. !je regarde les « petits mouchoirs » de Guillaume Canet, j’aimerais pourtant m’endormir rapidement sur ses sentiments qui ruminent notre esprit dont la société est parfois responsable de nos actes même si nous disposons notre vie comme on le souhaite « les sentiments ne se commandent jamais » il est bien tard je regarde encore une fois ce ciel dont j’admire sa clarté et comme un miracle il m’ordonne de le laisser en paix je crois que maintenant mon esprit est apaisé et je vais pouvoir enfin dormir quelques heures

Night and day, why is it so
That this longin' for you follows wherever I go?
In the roarin' traffic's boom
Silence of my lonely room
I think of you day and night
Night and day (Franck Sinatra)

Jeudi 9h départ à la salle d’échauffement .10h Patricia m’attend à la table une, pour ce 64éme de finale. En face de moi un colosse suédois de 2m environ avec sa queue de cheval ! Bloqueur jouant à mi distance tout en touché de balle les échanges sont longs avant que je marque des points en top spin et même si le score parait facile 3/0 le premier match est toujours difficile le matin. Direction avec mon amie au bar pour le petit café et un retour au calme que j’apprécie .On nous annonce que la photo de famille du groupe France est prévue à 13h dans le hall d’entrée. Maintenant il va falloir gérer son temps entre les matchs, je retourne dans l’antre des batailles acharnées qui se jouent et cela va durée jusqu’au quart de finale sans interruption .je suis vraiment admiratif devant cette organisation et cette précision du temps pour toutes ces rencontres à l’heure Afin de ne pas rester indifférent je vais consulter le tableau pour connaitre mon prochain adversaire et son horaire.13h30 pour le 32éme de finale contre un russe que je ne connais pas mais regardons ses matchs euh ! Il a remporte toutes ses rencontres par 3/0 sur des scores à me faire frémir ! Je calcule mon temps et je repars dans les gradins où je cherche à me faufiler comme une petite souris pour trouver une place. Nous sommes environ 60 français à participer à cet événement alors comment connaitre tous les résultats ? L’heure tourne tout se bouscule dans ma tête et direction le self pour le déjeuner. Petit échauffement rapide et la photo du groupe France.je m’approche tranquillement du numéro de ma table, Patricia est déjà présente. Taillé comme un fil de fer, les yeux globuleux le sourire à la Jacques Brel les présentations sont rapides .Patricia me demande si je le connais et lui répond négativement. Les débats peuvent commencer .le 1er set est à mon avantage et mon adversaire subit mes attaques et ne contrôle pas très bien mes effets. Dans le 2éme set c’est à mon tour de vaciller et de subir ses contre top spin du coup droit je fais un mauvais choix tactique je place trop mes balles dans sa partie coup droit. La rencontre monte en intensité, son regard et son poing levé sont à la limite correcte mais je dois rester concentré et surtout lucide le combat est bien lancé. Je décide de jouer dans son revers et le contrer activement dans son coup droit et le compteur qui tourne est à mon avantage, j’empoche le 3éme sets.je ne vois rien mais je sens tout autour de la table, de nombreux Français sont venus regarder la rencontre. Le 4éme set est tendu chacun prenant l’avantage d’un seul petit point à chaque fois, le temps passe, chaque point devient un match et c’est à l’usure et malgré mon prénom que j’entends, je perds 17/15.Patricia me regonfle et j’écoute attentivement les dernières consignes cette fois je ne dois pas flancher les premiers points sont tellement importants dés le début du jeu dans ce dernier set. À ma surprise il craque physiquement et perd le contrôle du jeu ,11 /4 en ma faveur.je remercie le public qui m'a soutenu et cela fait chaud au cœur. Rapidement je me rhabille et file avec Patricia voir les horaires pour ma prochaine rencontre. Corinne, Sophie, Michèle, Éliane, Bruno sont toujours en course. Je commence à ressentir une petite douleur dans le bas du dos »pitié dis je pas maintenant » je cherche à m’étirè par de petits exercices que m’avait enseigné un ancien ami kinésithérapeute mèziériste mais je crois que la fin va s’annoncer difficile, ce dernier match va laisser de mauvaises traces sur mon corps. Juste une petite heure pour récupérer. Le temps de regarder un super match en v1 entre Marc et un très bon finlandais quelle bataille de services !et quelle volonté des deux côtés chacun cherchant le ko sur chaque coup et qui se termine par une victoire juste 11/9 au 5éme set pour le français. Déjà 15h30, on repart cette fois contre un allemand, Gérard est venu me conforter que ce n’est pas un joueur dangereux en m’expliquant ses points faibles puisqu’ils se sont rencontrés dans la poule.je sens que mon dos me fait de plus en plus mal je me persuade dans ma tête que je dois gagner rapidement. 3/0 en ma faveur avec des scores étriqués mais dans la douleur, son système de jeu soporifique, cassant le rythme dans l’échange m’a empêché de développer mon jeu correctement mais l’essentiel était de gagné.je suis qualifié en 1/8éme de finale. J’appends que Corinne, Sophie, Éliane, Marc, Nicole continuent leur chemin.je file rapidement dans le hall pour tenter de soulager le bas de mon dos et de récupérer je suis conscient que je ne pourrai pas aller au bout de cette journée de compétition malgré les 6 semaines de préparation au club de l’ACCBB. Une compétition de ce niveau se prépare plusieurs mois à l’avance surtout à notre âge.16h30 on continue le marathon et encore un allemand mais souriant cette fois. La photo me dit ‘il et il m’offre un petit présent. De haute taille, ce pongiste me semble bien plus jeune que moi. Dés les premiers coups de raquette je sens la douleur qui augmentent et mes enchainements en top sont bien trop lents je suis dépassé par la vitesse des échanges en revers dans la diagonale et incapable de pivoter.je cours constamment derrière le score et c’est logiquement que je suis battu 3/0 par un pongiste fort sympathique.je remercie Patricia, pour sa patience je ne suis ni abattu ni déçu il y a encore quelques semaines je n’aurai jamais pensé être capable de parvenir à ce niveau de la compétition. Je garde le moral, je dois tenir ma promesse pour cette journée des doubles vendredi à mon camarade Jean-Louis « chaque point sera un set « je ne veux aucun regret

Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette.
Confucius

Je pars me rafraichir au bar puis je retourne dans la salle encourager mes amies Corinne et Sophie encore en ¼ de finale pour le dernier tour de la journée. Pour Sophie la tache s’annonce difficile, elle rencontre la Favorite la Croate Batinic (ex international) qui domine facilement notre camarade. Elle n’a pas à rougir de cette défaite face cette pongiste qui ne perdra aucun set durant le tournoi. Il ne reste plus que Corinne face à son adversaire slovaque qui semble possible de vaincre. Le 1er set est dominé par la française qui mène 9/4 on peut penser que la fin est proche et bien pas du tout. La slovaque reprend confiance par des attaques violentes en top spin et recolle point par point, le set n’en finit plus et remporte cette 1ére manche 16/14.le moral de Corinne est ‘il atteint ! a ce moment de la rencontre c’est possible mais c’est mal connaitre cette championne au caractère bien décider à ne rien lâcher à ne rien donner. Quel match entre ces deux pongistes de plus de 50ans ! Tous les points sont acharnés par de long échanges en poussette et interminables 12/10 pour la française. Le 3éme set débute à cent à l’heure la slovaque prenant tous les risques en top spin tout azimut sur toute les balles Corinne décide de laisser couler le 4éme set avec le score 11/4 Corinne décide de durcir le jeu avec sa défense mais surtout elle place des blocs actifs avec son soft revers contre les tops de son adversaire qui se trouve désarçonné, le set est parfait 11/ 7 si elle continue cette stratégie je ne vois pas comment la slovaque peut gagner. Je suis avec Paul dans les gradins la tension est à son comble. Les deux premiers points vont être très importants je suis sur que la slovaque va attaquer fort en top et chercher le ko d’entrée dans cet ultime manche car en poussette et en contre notre française est plus forte. Mon diagnostique est le bon la slovaque prend tous les risques avec son top coup droit puissant 2/0 puis 4/0 sa défense prend l’eau, les points défilent et 6/1 temps mort de Corinne qui semble profitable la confiance revenant avec le score 6/4 mais toujours deux points d’avance pour son adversaire 9/7 temps mort de la slovaque avec son service derrière et qui se rue sur les deux derniers points en top et remporte le match. C’est la fin de l’après midi nous rentrons tous maintenant à l’hôtel après cette belle et longue journée d’émotion une bonne douche est indispensable.les simples sont terminées pour tout le petit groupe et les résultats sont satisfaisants. Nous apprenons que deux françaises Éliane et Nicole sont qualifiées en demi-finale samedi dans les catégories 60/65, 75/80ans bravo !
Demain place à la journée des doubles et encore peut-être une belle journée de compétition. Corinne attend avec impatience ma collaboration avec mon camarade de double Jean -louis et nous surnomme « Loulou et Chouchou » je soigne mon dos par des anti-inflammatoire que notre amie Éliane m’a donné. Après un bon diner que Sophie a préparé la fatigue est présente il est temps d’aller se reposer
Demain nous partons à 9h pour la salle nous sommes exemptés du 1er tour en double, nous commençons en 64ème de final .11h30 h c’est le premier tour face à une équipe tchèque que nous battons 3/0 sans difficulté .la stratégie reste toute simple je prépare, je place et jean- louis termine les points par ses tops frappés percutants et toujours son petit cris « bonheur » en tibétain Direction avec Patricia pour consulter les horaires et nos prochains adversaires en 32ème de finale. Déjeuner avec Patricia et échauffement.13h30 les suisses sont nos adversaires du début de l’après midi Jean- louis à bien récupéré de son voyage apocalyptique et sous l’œil de ses supporters inconditionnels, je veux parler de ses enfants Tom et Florian il conclut les points avec brio.je commence à croire que nous pouvons envisager un avenir lointain dans ce tableau. Je cherche nos prochains adversaires que j’observe avec attention sur la table voisine et bien se sera des suédois que nous rencontrerons en 1/8ème de finale vers 15h. Je retrouve l’immense suédois que j’avais rencontré en simple. Le niveau est monté d’un cran nous remportons le 1er set facilement. Le jeu des deux équipes se ressert et les points de fin de set coutent très chers. A ce jeu notre volonté est plus forte que tout. Notre entente est parfaite et jamais nous paniquons sur les points importants et 13 /11dans le 2ème set. Le 3ème repart sur la même tactique les points gagnants sont difficiles et à 9/9 sur service adversaire je place deux retours au ventre ouf 11/9 et la victoire. Nous sommes maintenant qualifiés en ¼ et je n’ai jamais été aussi proche de tenir ma promesse.je rencontre Corinne qui m’annonce leur défaite 3/2! Un peu triste alors que je pensais quelle pouvait envisager un podium quand à Isabelle dans la catégorie V1 elle est aux anges ‘je vais avoir une médaille » me dit ‘elle. 16h nous sommes opposés à une équipe turc l’atmosphère et la pression est montée d’un cran et beaucoup de français sont venus autour de la table il y a même René sur sa chaise roulante (qui a eu un accident pendant la compétition) Patricia à bien du mal à trouver sa petite place indispensable pour nous et ses conseils précieux.je n’entends plus rien c’est le silence dans ma tête , nous sommes si proche de la fin de la journée Jean-Louis est au « max « prêt à dégainer ses scuds et ses cris de bonheur en tibétain. Les premiers points se jouent sur les remises courtes chacun cherchant à empêcher l’autre de démarrer à ce petit jeu nous prenons l’ascendant avec nos démarrages en petite rotation lorsque nous menons à 10/7 je perds le file du jeu je vais pour tourner pensant que nous avons gagné .ma concentration à disparu les points défilent et nos adversaires reviennent au score à 10 partout par ma faute mais Jean-Louis me regonfle et je cherche de jouer en mettant doucement la balle sur la table ouf 14/12 pour nous. Nous décidons d’ouvrir le jeu avec des services longs, leurs attaques ne nous semblant pas dangereuses et nous gagnons beaucoup de points Jean -louis continuant son travail de « sape » avec son top coup droit dévastateur et sa condition physique de triathlète faisant le reste11/5 nos adversaires sont ko et le 3ème est le reflet du 2ème set 11/3 Jean-Louis et ses enfants sont heureux, les poignées de mains, les bravos et cette solidarité entre français aussi fait plaisir, l’embrassade avec Patricia cet instant que l’on veut partager mais je suis loin de cet euphorie ,j’avais tout simplement choisi….
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My way


And now, the end is near and so I got to face
The final curtain,
Friends I say clear and state her case of which I'm uncertain
I've lived a life that's full of travelled each and every highway
And more, much more than this, I did it my way

Yeah, regrets, I've had a few
But then again, who feel to me uncertain.
I did what I had to do and saw it through without exemption
I planned each other course, each careful footstep along the byway,
Yeah, and more, much more than this,
I did my way

Yes, there were times, I'm sure you know
When I did all much more than I could do
But threw it all, when there was doubt, on everyday
And it's not enough, I faced it all
And as big as all did my way.

Oh, I've laughed and cried, had my fill my share of losing
And now, as tears subside, counted also music
To think like the old lad
And may I say not in a sky away,
Oh, no no no, You're not me, I did it my way.
Nina Simone (my way)

Je pars avec mon sac de plage, avec ce devoir accompli que mon camarade repartira avec une médaille samedi après midi. Je termine cette journée en regardant la dernière rencontre de nos camarades V1 Marc et Sébastien en ¼ de final de double, mais défaite des français 3/1 dommage le podium n’était pas loin. Nous repartons à l’hôtel en cette fin de journée remplit par la fatigue de ces deux jours de compétition. Pascale et Corinne vont diner à la soirée de Gala. Quand à Sophie et Élodie, elles partent avec le reste du groupe .je propose ce soir à Paul et Patricia de leur offrir un verre au 25ème étage de la tour du centre ville.
Les soirs d’été dans les rues de Tampere, les nuits n’existent pas. L’air frais qui vient des lacs presse nos pas vers les bars. Ce soir on va rire, on va boire
Du haut de cette tour, ce ciel qui nous regarde me donne un peu d’espoir. Ce soir on va rire, on va boire en regardant la terre
Samedi, dernière journée de compétition pour les derniers qualifiés. La matinée est consacrée aux demi-finales en simple et double.il est 10h quand nous nous retrouvons avec mon camarade Jean-Louis à la salle d’échauffement, il garde toujours en lui ce feu sacré, cette foi intemporelle comme cette obsession permanente qui le pousse à vouloir gagner ou peut-être se dépasser je comprends mieux « le Ping c’est toute sa vie « 11h nos adversaires du jour, des russes je retrouve Patricia assise sur sa chaise et sa patience permanente car il ne faut pas penser que c’est si facile de supporter le stress des autres on doit garder son calme et le regard permanent sur le jeu et sur ses équipiers « oui la confiance se lit dans les yeux « j’ai avalé deux anti inflammatoires hier soir et ce matin pour le mal de dos , je remercie Pascal mon infirmière sa gentillesse n’a pas d’égal ,pommade massage pour mon élongation au petit rond et au triceps maintenant elle mérite définitivement de rentrer dans ma mémoire comme toutes ces amitiés que j’ai rencontré tout au long de cette vie de Ping jalonnée parfois par de belles rencontres humaines . Dés les premiers points nous sommes déjà à fond et bien concentrés et notre entente est parfaite, nous remportons ainsi le 1er set. Dans le 2ème set nos adversaires montrent leur force la capacité de bien s’adapter. Leur système de jeu variant la défense et l’attaque nous bousculent on repart à zéro 1partout. Le 3ème set débute comme le premier, nous menons au score constamment nous arrivons à posé calmement notre jeu et je lis bien la coupe de balle du défenseur avec sa raquette combi, revers friendship, coup droit tibhar Grass d.tecs et à chaque fois je l’assène par un top frappé ou mon camarade terminant les points par ses tops frappés ou frappes dont il le secret mais alors que nous nous retrouvons à égalité au score 10/10 les arbitres se perdent sur le lanceur et le relanceur et cela va durer 2minutes ! Je tente de rester concentré, alors que jusqu'à maintenant je n’avais commis aucune faute en retour sur les services de l’attaquant je place la balle directement dans le filet. Comment perdre le fil et le sens d’une partie ainsi que ce set si important !dans le 4ème set le cœur n’est plus présent et nos adversaires ont bien compris que la victoire est proche, les meilleurs ont gagnés. Poignée de main amère mais respect pour les vainqueurs et bien non nous n’irons pas en finale la vie continue mais que j’ai mal oui j’ai mal. Je pensais pourtant ne plus ressentir ce sentiment aussi si fort, signe que le sport de compétition possède cette humilité qui est en nous

I hurt myself today
To see if I still feel
I focus on the pain
The only thing that's real
The needle tears a hole
The old familiar sting
Try to kill it all away
But I remember everything

What have I become
My sweetest friend
Everyone I know goes away
In the end
And you could have it all
My empire of dirt
I will let you down
Hurt Johnny Cash

J’embrasse et je remercie une dernière fois Patricia. Maintenant il ne me reste plus qu’a regarder la fin de se spectacle dans les tribunes. Isabelle et sa camarade turc perdent aussi en demi-finale ainsi que Nicolle et sa partenaire estonienne. Mais Michelle et Éliane ainsi que Louis et Yves remporte leur demi-finale! Deux équipes française en finale pour cette après midi .Il est déjà midi et l’heure d’aller déjeuner au self avec Patricia et Pascale.14h finales de toutes les catégories et toutes les parties sont acharnées. Je pose mes yeux de presbyte sur la table des femmes de 60ans et tous les points sont durs et les scores parlent pour eux 9 -7-8 personne ne souhaite céder et pourtant les françaises mènent 2/1 ! Et viennent s’échouer comme sur une ile déserte à 9 à la belle sur cette dernière table en jeu dans cet immense hall dans la solitude de la défaite et bien il n’y aura pas d’équipe française championne d’Europe puisque Yves et Louis dans la catégorie 85 ans perdent eux aussi mais 3/0.15h c’est la pause pour la remise des médailles en double avec la fanfare présente . Nous sommes assis sur la place indiquée sur la feuille que nous a donné l’arbitre lors de notre défaite en fin de matinée.la remise des médailles commencent par les âges décroissant, j’ai le temps de regarder ces grands enfants heureux et impatiens de recevoir leur récompense. Isabelle est aux anges elle qui rêvait tant de grimper sur les marches.je me trouve à côté de cet allemand qui semble garder un sourire éternel et son camarade danois j’aimerais tant discuter avec lui mais mon anglais est vraiment mauvais. C’est à notre tour entouré des russes Champion d’Europe à la surprise générale 9 à la belle face à Ding Yi et son partenaire un autre russe ainsi que l’allemand et le danois. Nous sommes les premiers à recevoir notre médaille ma joie est en premier pour mon camarade Jean-Louis. Alors que nous sommes tous chacun réunis sur notre marche respective et sans s’attendre à ce moment peut être unique, les russes demandent à toutes les équipes de venir les rejoindre sur la première marche du podium à cet instant je me suis oublié je vole et je me dis

Et, crois-moi, si le temps passe, laisse-le partir où il veut.
Ce qu'il écrit tu l'effaces et tu gardes ce que tu veux.
Les jours de joie, laisse-les vivre.
Les souvenirs, laisse-les courir.
Quand ils sont là, laisse-toi vivre, laisse-toi vivre.
Les jours de joie, laisse-les rire.
Les souvenirs, laisse-les mourir.
Ne t'en fais pas, laisse-les rire, laisse-les rire, laisse-les rire.
Les jours de joie, laisse-les rire.
Les souvenirs, laisse-les mourir.
Ne t'en fais pas, laisse-les rire, laisse-les rire.
Les jours de joie ...
Les jours de joie Julien Clerc

Place aux photos, pascale notre photographe se donne à cœur joie de cliquer sur son belle appareil moderne avec les toutes dernières technologies pour tous les médaillés. Je demande à Patricia que nous soyons ensemble sur la photo car partager ces moments forts et si rares me semble avec l’âge un souvenir que l’on doit garder dans son cœur à jamais .Je décide de ranger rapidement ma médaille dans ma pochette et de ne pas m’éterniser sur la performance car ne l’oublions pas ce n’est que du plaisir avant tout. Place aux simples Nicole est en finale dans la catégorie 75ans et encore une fois notre championne vient échouer 9 à la belle après un superbe match plein de suspens ! Si prés du Graal, mais deux médailles pour cette grande dame. Ding yi mitraille de son coup droit dévastateur le danois en 4 sets chez les v2 ainsi que la croate Batinic qui ne perd pas un seul set du tournoi. le russe Mazunov favori en v1 remporte le titre. Décidément L’estonien Lindmäe qui mène 2set à rien n’arrive pas à conclure et perd sa finale à 14 à la belle ! Lentement mais surement le hall se vide après les remises de récompenses des derniers simples nous nous quittons en partant chacun de notre côté Quand à notre groupe (10 personnes) nous partons en direction du sud de la Finlande où nous allons vivre pendant une semaine dans notre chalet au bord d’un lac.

Alors chers vétérans de tous les âges et quelque soit votre niveau
Venez partager ensemble un moment d’amitié, de convivialité, de solidarité et de fraternité

Toi qui es seul et qui réclames
un peu d'amour et d'amitié
un peu de chaleur pour ton âme
Pour toi tout seul je veux chanter

Le transistor sera complice
d'un secret entre toi et moi
et sur les ondes je me glisse
pour t'apporter un peu de joie.

Toi dans ton bateau sur la mer
toi dans ton village lointain
t'as un problème insurmontable?
Tiens, pose-le là, sur la table

Gilbert Bécaud un peu d’amour et d’amitié
Et je vous dis
Hasta luego!
À bientôt, si Dieu le veut
Hasta luego!
On se reverra sous peu
On a trois mois de réserves au fond des cales
Allez, les gars! On va hisser la grande voile
Hugues Aufray Hasta luego

Il y avait Corinne, Paul, Pascale, Thierry, Patricia, Yves, louis, Nicole, Sophie, claude, Joël, Éliane, Michelle, Gérard, Élodie, Brigitte, Gérard, Bruno, Jean-Louis, Tom, Florent et les autres………………………………..

Je tiens à remercier personnellement tabletennis11 et son gérant Jean-Charles pour son soutien ainsi que le Club de ACCBB, son directeur sportif Cyril Camion et son entraineur Lucian Filimon d’avoir accepter de m’accueillir gentiment dans leur club et de m’avoir permis de me préparer pendant ces 6 semaines d’entrainement

PS : ce texte a été composé d’un seul trait sur les musiques en boucle de :

Il était une fois la révolution (Ennio Morricone)
Parce que le compétiteur est un révolté permanent

La Solitude (Léo ferré) thème orchestral
Parce que le compétiteur est toujours seul

Histoire sans paroles (le groupe Harmonium)
Parce que le compétiteur est toujours à la recherche de sa concentration intérieure

Dreamland (Robert Miles)
Parce que les grandes victoires sont des rêves

Et sur la reprise de la chanson « John and Mary » par Bryan Ferry

Parce qu’au-delà de tous ces mots l’amour est plus fort que tout

The end

Vendredi 04 Septembre 2015 16:28

Bravo pour tout, le texte, les actes, les citations... Tout y est, même la solitude !!!

e pericoloso sporgersi

Vendredi 04 Septembre 2015 16:29

Une fois de plus, Émoticône Denis pour ce joli résumé qui nous fait voyager dans un pays plus connu pour le ski de fond !

C'est aussi toujours un plaisir de lire un long sujet sans faute d'orthographe, c'est devenu denrée tellement rare de respecter la langue de Molière ...

En espérant de ton dos reste majeur et puisse t'accompagner jusqu'aux prochains championnats.

Vendredi 04 Septembre 2015 16:36

Citation de violoniste18 :
En espérant que ton dos reste majeur


Violoniste, si tu veux que ton dos reste majeur, marcher sur un sol tendre voire bémolisé il te faudra.

Émoticône
e pericoloso sporgersi

Vendredi 04 Septembre 2015 16:47

Citation de violoniste18 :
Une fois de plus, Émoticône Denis pour ce joli résumé qui nous fait voyager dans un pays plus connu pour le ski de fond !


Et la course d'orientation Émoticône

Vendredi 04 Septembre 2015 19:06

Merci j'ai passé un bon moment à lire ce compte rendu Émoticône
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