Le modèle sportif français à bout de souffle

Publié par fanta • 16/07/08 09:55 • 4 081 vues • 4 commentaires

Depuis cinquante ans, le mouvement sportif français a très peu évolué sous la tutelle à la fois protectrice et castratrice de l'Etat. Les fédérations sportives ont ainsi bénéficié de moyens financiers et humains uniques au monde qui ont permis à la France de briller dans les plus grandes compétitions internationales. Aujourd'hui, ce modèle étatique arrive au bout de son histoire. L'Etat n'a plus d'argent et ne souhaite plus en dépenser pour le sport. Les sports ne sont plus gérés par un ministère de plein exercice et les conventions d'objectifs avec les fédérations sportives sont en nette diminution (- 10 % en moyenne), en pleine année olympique.

L'horizon du sport français est barré par la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui est construite sur la seule logique comptable. Cette réforme est une occasion ratée de moderniser le système sportif français et de repenser un modèle dépassé. Elle aurait ainsi largement gagné à un peu d'imagination et, surtout, de concertation. Les porteurs de cette réforme auraient ainsi pris conscience de la nécessité de proposer un nouveau modèle équilibré entre les principaux acteurs du sport : l'Etat, les collectivités territoriales et locales, les fédérations sportives et leurs partenaires privés.

Les fédérations sont en mesure de prendre une tout autre place dans l'organisation du sport français. L'Etat n'est en effet plus capable d'exercer toutes ses missions, ni sur le haut niveau, ni sur le développement des pratiques, ni sur les valeurs sociales et éducatives.

Les fédérations, dans ces différents domaines, ont acquis des compétences qui doivent pouvoir être bien mieux valorisées. Aptes à assumer leurs responsabilités, elles sont les garantes d'un véritable service public du sport, de l'équité territoriale et de la diffusion des pratiques partout en France. Elles doivent être reconnues ainsi et ne peuvent plus, en particulier, être à la merci de subventions annuelles évoluant au gré des politiques ministérielles successives.

MAILLAGE TERRITORIAL
La force du mouvement sportif français repose sur son maillage territorial, au niveau des régions, des départements et des communes à travers les structures déconcentrées et les clubs. Dans ce cadre, les collectivités territoriales et locales, qui financent déjà 85 % de l'action sportive, doivent pouvoir intégrer la gouvernance du sport. Il est ainsi indispensable de créer des conférences régionales du sport, regroupant l'ensemble des acteurs locaux, chargées de coordonner les différents programmes de développement de la pratique et des équipements. De son côté, le Centre national pour le développement du sport (CNDS) doit prendre son autonomie. Il doit être un outil impartial pour assurer le financement de la vie associative sportive française.

A l'heure où les fédérations et l'ensemble du mouvement sportif sont mis dans une situation très délicate, il est donc nécessaire de lancer un dialogue constructif avec tous les acteurs du sport français. L'Etat est en passe de perdre sa crédibilité. Il doit accepter d'engager la concertation pour que nous puissions aboutir rapidement à l'avènement d'une gouvernance du sport qui respecte réellement toutes les parties en présence. Même si elle a déjà été rejetée par le secrétariat d'Etat aux sports, à la jeunesse et à la vie associative, je fais à nouveau la proposition de lancer un "Grenelle du sport" dans les meilleurs délais.

Nous devons bâtir un avenir plus radieux pour l'organisation du sport dans notre pays. Un avenir qui devra prendre en compte la dimension européenne et mondiale des activités sportives, en particulier dans leur rôle social, économique et éducatif. Il est temps de s'y engager volontairement !

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Bernard Amsalem est président de la Fédération française d'athlétisme

Voir aussi : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/09/le-modele-sportif-francais-a-bout-de-souffle-par-bernard-amsalem_1068102_3232.html

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Tous les commentaires (4) Inverser l'ordre des commentaires

Le constat est parfait, sur le journal le Parisien du 16 juillet, la coupe à venir dans un premier temps sera de moins 4% pour le sport ! Les régions ont un budget par l'état de 50 milliards d'euros, la coupe la aussi arrive.Pour ou contre, il y a le remboursement de la dette à faire.Et il va falloir y passer.
J'adore les sports, mais je pense qu'il n'est plus utile dans le CONTEXTE ACTUEL DE CETTE CRISE d'avoir une élite , et principalement au ping, pour voir les finances de l'état , Nos impots de nos petites villes, qui ne doivent plus servir au financement des joueurs étrangers qui inondent la pro A/B hommes, femmes.Je préfère voir les finances du ping partir dans les cantines et les foyers.
Je pense au contraire que le sport a un rôle social, éducatif, comme il est dit dans l'article, et qu'une société responsable doit subventionner le sport : c'est une utilisation intelligente des deniers publics Content
Disons que je militerais pour une affectation différente des budgets alloués aux sports.
Je pense, comme nivôdjeu, que le sport à un réel rôle social et éducatif. Voire même créatif et constructif pour un enfant ou un jeune.

Mais comme Crumedoc, je me désole de voir des sommes publiques englouties dans le financement privé (pas que dans le sport d'ailleurs...). L'élite se doit d'être indépendante et autonome financièrement.

L'argent public peut servir à la formation, aux infrastructures avec des plans de revente étalés aux clubs (pourquoi pas ?) ou une gestion territoriale intégrale de l'équipement sportif. L'argent public doit servir aux développements divers humains, matériels, etc...
Mais sûrement pas au financement des salaires de joueurs pro.

C'est aussi très facile de taper sur le budget de l'état et d'attendre que ce dernier assiste pécunièrement les besoins de chaque asso sportive loi 1901.

Je pense surtout que, quelque soit la pratique sportive, c'est au sport professionnel de faire son évolution. Il ne faut pas hésiter à sortir le sport pro du giron des fédérations.

Pour en revenir au ping,
On pourrait très bien imaginer que la Pro A française par exemple crée sa propre TV sur le web avec retransmission des matches en direct à la carte payable au match ou par abonnement. Le coût de mise en place ne semble pas très élevé par rapport aux retours envisageables. Abonnements privés et partenaires visibles et vus par un plus grand nombre...

ça pourrait être une façon de rentrer de l'argent privé et de crédibiliser ce sport...
Tout à fait d'accord avec ce que tu écris, Blutch !!!

Très bonne idée aussi concernant la web TV. Par contre, je ne suis pas d'accord pour la carte payable. Alors qu'on pense très vite à l'abonnement et au paiement en France, on pense plutôt à la télé gratuite en Allemagne. En tant qu'Allemand j'opterais donc plutôt pour un financement grâce aux partenaires privés.:-) Si c'est gratuit pour les utilisateurs, leur nombre sera beaucoup plus important ! Evidemment, ce ne sera pas forcément facile de trouver les sponsors pour un tel projet. Mais ce qu'ils doivent comprendre aussi, c'est que ceux qui s'intéressent au ping veulent regarder le ping et non pas le cyclisme ou la voile ou le tennis juste parce que certains ont décidé d'en faire tout un plat et de passer ces sports à la télé. Faute de grives, je ne mangerai pas de merles !

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